Adoptez le design thinking !

Les entreprises devraient inviter des adeptes du design thinking à siéger au conseil d’administration, à participer aux décisions de stratégie marketing, et à s’investir dans la phase initiale de la R&D. Ils apporteront des idées originales et appliqueront la méthodologie du design à la définition des orientations stratégiques.

En conciliant harmonieusement la perspective de l’utilisateur, les impératifs techniques et les contraintes économiques, la pensée design est intégrative par nature. Elle donne cependant la priorité à l’usager final, ce qui se traduit par une approche de l’innovation « centrée sur l’homme ». Les adeptes du design thinking observent le comportement des gens, la manière dont leur expérience affecte leurs réactions par rapport aux produits et aux services. Ils accordent la même attention à la signification émotionnelle des produits/services qu’à leur performance fonctionnelle. Et à partir de là, ils s’efforcent d’identifier les besoins non exprimés ou latents et de les traduire en opportunités. Cette méthode peut alimenter de nouvelles offres et accroît la probabilité que le consommateur les accepte en les reliant à des comportements existants. […]

Echouez tôt, échouez souvent
Le laps de temps qui s’écoule entre le concept et la réalisation du premier prototype traduit la vitalité de la culture de l’innovation dans l’entreprise. Avec quelle rapidité les idées sont-elles matérialisées en vue d’être testées et améliorées ? Les dirigeants devraient systématiquement encourager l’expérimentation et accepter l’échec aux premiers stades du développement de l’idée, parce qu’il constitue un fabuleux outil d’apprentissage. […]

Sollicitez l’aide de professionnels
La participation active des consommateurs et des partenaires ne favorise pas seulement la multiplication des idées, mais tisse aussi un réseau de loyauté qui protège de la concurrence. Les novateurs exploitent le Web 2.0 pour élargir leurs équipes et les hypernovateurs seront prêts pour le Web 3.0 lorsqu’il arrivera. Les utilisateurs extrêmes sont souvent source d’inspiration et d’information. Ce sont les spécialistes, les aficionados, et même carrément les fanatiques qui ont une expérience du monde singulière. Ils nous incitent à explorer les marges de notre base de cliente habituelle et ils font naître des problématiques qui, sans eux, seraient restées inexploitées. […]

Partagez vos intuitions
Ne négligez pas votre réseau interne . Il y a dix ans, le partage de la connaissance visait surtout à accroître l’efficacité. Maintenant, le temps est venu de l’utiliser pour favoriser l’inspiration – il ne s’agit pas de faire avancer les projets existants, mais de stimuler l’émergence d’idées neuves. Comment relier entre eux des individus animés des mêmes préoccupations pour que leurs intérêts communs servent de levier ? Quel sort votre entreprise réserve-t-elle aux nouvelles idées ? Comment pouvez-vous recueillir des informations auprès des consommateurs pour imaginer de futurs projets ? […]

Combinez des projets d’envergure diverse
Il n’existe pas de balle en argent (c’est-à-dire pas de recette miracle) en ce qui concerne l’innovation. On devrait plutôt parler de « gros plomb ». Autrement dit, on doit l’aborder selon diverses approches, parmi lesquelles on sélectionnera celles qui exploitent les points forts de l’organisation. Diversifiez vos actifs. Gérez un portefeuille d’innovations multiples qui va des idées incrémentales à court terme – comment accroître le kilométrage du modèle de l’année – aux concepts révolutionnaires sur le long terme – comment construire une voiture qui fonctionne au soja ou aux rayons solaires. La plupart de nos efforts se situent dans la première zone, mais faute d’oser explorer la seconde, vous risquez d’être dépassé par des concurrents inattendus. Si vous optez néanmoins pour des idées radicalement nouvelles, sachez que peu de vos projets atteindront le marché, mais que ceux qui y parviendront auront probablement un impact durable. […]

Financez au rythme de l’innovation
Certaines organisations ont tenté l’expérience du capital-risque pour soutenir des projets prometteurs. Dans d’autres, les instances dirigeantes décident de financer les projets à un stade donné de leur progression. Encore faut-il accepter l’idée qu’il est impossible de prévoir les échéances avec certitude et que les projets ont leur propre vie. Les orientations budgétaires doivent donc s’adapter et être révisées à plusieurs reprises. La clef d’une budgétisation suffisamment mobile est d’adopter un processus de révision davantage fondé sur le jugement et l’évaluation que sur une forme ou une autre d’algorithme appliqué mécaniquement. C’est ainsi que fonctionne le capital-risque, or les investisseurs ont la réputation d’être agiles et réactifs.

Source: https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/innovation-recherche/0601517885465-adoptez-le-design-thinking-331044.php